La Maison Suger commence sa nouvelle vie. Dès ce mois-ci, elle accueille les élèves et les professeurs de l’Ecole municipale de musique, de danse et d’art dramatique agréée. Une réalisation unique et un bel outil pour les praticiens.
Les instruments, les partitions et les pupitres ont quitté le château Cadet de Vaux dans lequel l’Ecole de musique résidait depuis trente ans. La Maison Suger est depuis quelques jours la nouvelle résidence des élèves de l’Ecole de musique.
La
nouvelle Ecole municipale de musique, de danse et d’art
dramatique inaugurée par le ministre de la
Culture
Le 19 février, le ministre de la Culture,
Renaud Donnedieu de Vabres inaugurait la nouvelle Ecole de
musique, de danse et d’art dramatique dans la Maison
Suger totalement réhabilitée, en présence de nombreuses
personnalités dont Christian Leyrit, préfet du Val-d’Oise et
Raymond Lavaud, conseiller général représentant le président du
Val-d’Oise. Puis, à son tour, accompagné par le
Maire Francis Delattre, Roberto Benzi l’illustre chef
d’orchestre - de retour dans les lieux de son enfance - a, en
qualité d’hôte d’honneur, dévoilé la plaque de
l’auditorium qui porte son nom.
Un lieu de
culture est un lieu de partage
Cette inauguration, ponctuée de récitals de musique et de
démonstrations de danse par les élèves a été conclue par les
traditionnels discours.
Se sont succédés au micro Francis Delattre,
Raymond Lavaud, Roberto Benzi, et le ministre de la Culture, Renaud
Donnedieu de Vabres qui a souligné
l’exemplarité du lieu :
«Quand je vois des gens de générations différentes qui
travaillent ensemble, quand en passant d’une salle à une
autre, on passe de la musique électro au baroque, de la danse
classique, au hip hop et au slam, c’est cela qu’il faut
faire. Faire se rencontrer les gens et les pratiques. Que ceux qui
aiment Mozart découvrent le hip hop ! Que ceux qui aiment - et
c’est leur droit ! - la danse classique découvrent le slam !
Que ceux qui considèrent qu’après Racine ou Molière il
n’y a plus rien, ouvrent leurs yeux et tendent leurs mains
vers la création contemporaine C’est cet esprit de
respect, de découverte de l’Autre, de dépassement de soi
qu’une école comme celle-ci peut satisfaire.»
S’intéressant au projet de l’Ecole le ministre a ajouté
: «Cette Maison doit rayonner avec ce magnifique auditorium qui
doit accueillir aussi bien les professionnels que les amateurs. Je
crois que la culture est un lien. Dans notre pays elle doit
permettre le rassemblement, quelle que soit la génération, la
religion ou l’absence de religion, la couleur de peau ou la
situation sociale. Un lieu de culture est un lieu de partage et je
vous félicite d’avoir mené à bout, avec conviction et avec
audace, ce projet.»
Musicien prodige et chef d’orchestre mondialement
réputé, Roberto Benzi, accompagné de son épouse, Jane
Rhodes, était ce soir-là de retour sur les lieux de son
enfance. Après le dévoilement de la plaque de l’auditorium
portant son nom, il a évoqué les «quatre années merveilleuses» de
sa vie, au début des années 50, lorsque la Fondation Suger (devenue
Maison Suger) abritait un collège privé où il était lui-même
pensionnaire : «Après une période de succès - j’avais tourné
deux films - il me fallait revenir à une scolarité normale pour
aller au baccalauréat. Ici j’ai trouvé des copains que je
n’avais pas dans les salles de concert» a-t-il précisé sans
se départir de sa grande modestie : «Merci de cet honneur
exceptionnel que vous me faites !».
Pôle culturel
Dans son allocution d’accueil, Francis
Delattre a rappelé pour sa part les défis associés à cette
réalisation et a souligné l’importance de l’auditorium,
lieu nécessaire pour promouvoir les rencontres entre les jeunes
artistes et leur premier public. «C’était un point central.
Au-delà de l’école, nous devions l’ouvrir sur
l’extérieur pour en faire un véritable Pôle culturel.» Le
député-maire a remercié tous les partenaires - Conseil général,
Conseil régional, architectes, entreprises - et évoqué
l’importance de la formation artistique et les débouchés non
négligeables vers l’emploi qu’elle procure : «Une
école comme celle-ci est destinée aussi à faire en sorte
qu’on puise choisir et trouver un emploi dans les filières et
disciplines artistiques. Je dis régulièrement qu’on créera
plus d’emplois dans cette filière que dans les industries
traditionnelles.»
Auditorium : un accès
permanent à la scène
La présence au sein de l’école d’un
auditorium de 120 places est une chance pour tous. La scène de
l’auditorium de 100m² est un magnifique outil de travail et
de perfectionnement pour l’ensemble des élèves et des
disciplines. Les élèves pourront travailler sur scène encadrés par
leurs professeurs. Et l’enseignement du théâtre y trouvera un
accomplissement.
Accueil des musiciens et
des groupes amateurs
L’ouverture aux musiques actuelles amplifiées
(rock, blues, rythm’& blues, jazz, électro, etc.) va se
concrétiser grâce à deux studios de répétitions ouverts aux
musiciens et aux groupes amateurs de la ville. L’école
annonce, d’ailleurs, pour la rentrée, la création d’un
cours de guitare électrique, de contrebasse électrique qui
viendront se joindre à la classe de batterie-percussions et à
l’atelier jazz. « Nous voulons donner à tous ces groupes de
musiques actuelles, nombreux à Franconville, des moyens pour se
structurer artistiquement. Nous pourrons leur donner un lieu de
travail et dans un deuxième temps, s’ils en ont besoin, les
conseiller » confirme Annie Didelet, maire adjoint en charge des
Affaires culturelles. Parallèlement un département musique ancienne
va voir le jour avec l’ouverture d’une classe de flûte
à bec qui enrichira l’enseignement du clavecin et du
traverso.
La danse bénéficie quant à elle de deux studios de 100 m2 (dont un
modulable) en sous-sol. Un nouveau cours de danse contemporaine est
créé.
Unité de
lieu
«La première vertu de cet endroit est
l’unité de lieu pour l’ensemble des pratiques » déclare
Annie Didelet. Auparavant, en effet, par manque de place, les cours
de dance et de théâtre devaient être décentralisés : la musique à
Cadet de Vaux mais la danse au studio du CSL et l’art
dramatique à Saint-Exupéry ou à la Maison des Associations. «Le
grand avantage d’avoir cette unité de lieu, c’est de
permettre aux musiciens, aux danseurs et aux comédiens de
travailler ensemble. Il importe de croiser les disciplines
artistiques, de faire se rencontrer ces artistes plus souvent.»
conclut Annie Didelet.