Biomasse : un chauffage urbain écoresponsable

Franconville raccorde progressivement depuis plusieurs années,ses bâtiments au chauffage urbain et opère de cette manière sa transition énergétique. Mais la biomasse, qu’est-ce c’est ?

Depuis sa mise en place par le Syndicat Intercommunal de Chauffage de Sannois, Ermont et Franconville, plus connu sous son acronyme SICSEF, le fonctionnement du réseau de chaleur (ou chauffage urbain) est assuré par trois chaufferies alimentées au gaz et une qui fonctionne à la biomasse :

Située aux Montfrais, la chaufferie biomasse est composée d’une chaudière alimentée au bois de récupération.

Le Sicsef a fait le choix en 2014 de diversifier son bouquet énergétique grâce à l’intégration du bois énergie. Cela n’aurait pu se faire sans la construction de la chaufferie des Montfrais d’une puissance totale de 10 MW*. Cette dernière est alimentée par du bois de récupération (copeaux, bois de palettes, bois d’élagage, sciure…) et produit 53 000 MWh** annuels.

Immeubles appartenant à des bailleurs sociaux, bâtiments communaux, copropriétés et propriétés de l’Office Public de l’Habitat (OPH)… Aujourd’hui, le chauffage urbain alimente sur 13 km de canalisations près de 7 000 logements et 15 bâtiments publics.

À Franconville, 3 669 logements, les groupes scolaires de la Fontaine Bertin et des Quatre Noyers et l’Espace Saint-Exupéry sont raccordés au réseau. L’an passé la mairie, le groupe scolaire Ferdinand Buisson, l’école maternelle Bel Air, le gymnase du Moulin ainsi que des résidences ont bénéficié du rattachement au chauffage urbain.

« Et par ailleurs, 15.3% proviennent de la cogénération et 27.6% sont générés par le gaz naturel », énumère Perrine Schinzel, responsable du SICSEF. La cogénération est une installation alimentée au gaz naturel qui produit de l’électricité qui est réinjectée sur le réseau public. La chaleur produite par le fonctionnement de l’installation est réinjectée sur le réseau chaleur.

Le système est optimisé. Le bois est stocké en silos puis convoyé jusqu’au foyer de la chaudière où il est brûlé. La combustion du bois crée de la fumée, fumée montée en température qui sert à réchauffer l’eau dans la chaudière qui distribuera l’eau chaude vers les habitations. Lors de la combustion, les cendres générées sont ensuite valorisées en étant utilisées en épandage si les caractéristiques environnementales le permettent. Concernant les fumées produites par la chaudière, celles-ci sont filtrées à deux reprises afin d’éliminer les particules les plus fines.

Contrairement à une chaufferie au gaz, la biomasse permet de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. À l’inverse du fioul ou du gaz, elle constitue une énergie renouvelable. « Le combustible est issu d’un approvisionnement régional. Le bois est exploité dans un rayon de 50 à 100 km. C’est un système propre car le fonctionnement limite l’émission de polluants atmosphériques et il est complété, pour garantir une qualité de l’air optimale, par deux dispositifs de filtration des fumées. » Si elle représente aujourd’hui une innovation énergétique, la biomasse est finalement la forme d’énergie la plus ancienne dont l’homme se sert depuis la préhistoire et la maîtrise du feu.

L’intérêt d’un réseau de chaleur intégrant une énergie renouvelable, permet de faire bénéficier des milliers de foyers (7 000 logements sur le réseau couvrant Franconville, Sannois et Ermont) d’un système énergétique performant. Sur les trois communes raccordées, 70 GWh* sont consommés en chauffage et en eau chaude sanitaire (douche et cuisine) les logements raccordés.

Périmètre d’approvisionnement : le bois issu de l’exploitation forestière provient de 50 à 100 km, essentiellement d’Ile de France et d’Oise.

Avec le simple raccordement des bâtiments communaux, l’émission de 156 tonnes de gaz à effet de serre est évitée chaque année. De même, 450 tonnes de gaz à effet de serre sont désormais économisées à l’année à la résidence du Parc. D’un point de vue économique, le fait d’avoir raccordé les quatre bâtiments communaux – maternelle Bel Air, gymnase du Moulin, la mairie et le groupe scolaire Ferdinand Buisson – fait économiser 17 000 € de charges (TTC) par an à la commune et donc aux administrés. Ainsi, les 200 000 € investis seront amortis en moins de cinq ans.

Décerné par l’association AMORCE depuis 2013, le label éco réseau de chaleur qu’a obtenu le SICSEF pour la troisième année consécutive récompense les réseaux de chaleur vertueux enregistrant de belles performances environnementales, économiques et sociales. « Il faut atteindre plus de 50% d’énergie renouvelable, avoir un tarif compétitif par rapport aux tarifs de référence calculés sur des solutions utilisant le gaz naturel et associer les usagers à la vie du réseau, explique Perrine Schinzel. Cette reconnaissance est très valorisante pour le réseau. » Le SICSEF a ainsi fait le choix de privilégier les ressources énergétiques renouvelables et locales avec la construction de la chaufferie biomasse. Celle-ci représente désormais la source d’énergie majoritaire du réseau.

Pour sensibiliser et impliquer le maximum de citoyens, un partenariat avec les accueils de loisirs a été institué. Pour la deuxième année consécutive, le SICSEF propose aux structures Enfance raccordées au réseau de chaleur de participer à un programme de sensibilisation au développement durable et à la maitrise de l’énergie. « Au-delà de la sensibilisation aux conséquences des consommations énergétiques sur l’environnement, ce projet a l’ambition de montrer que chacun, à son échelle, est capable d’agir et d’établir une réflexion sur les actions et changement de pratique permettant de réduire les consommations d’énergie », explique-t-on au SICSEF. Le programme Les érudits de l’énergie s’adresse principalement aux élèves de troisième cycle, la réflexion sur les enjeux liés au développement durable des territoires étant désormais au programme. Cette année, ce sont les accueils de loisirs, Planet’Elem et Croc’ Loisirs qui ont pu prendre part à l’opération. Au cours des premières sessions, les enfants ont pu découvrir le fonctionnement d’un réseau de chaleur et visiter la chaufferie biomasse. L’occasion de leur présenter les différentes sources et usages de l’énergie. En outre, une expérience a permis aux enfants de prendre conscience des liens entre changement climatique et activités humaines.

 

INFOS +
fonctionnement du chauffage urbain en circuit fermé
De l’eau y est réchauffée en chaufferie puis distribuée vers les habitations grâce à un réseau de canalisations souterraines interconnectées (13 km au total). Au pied des bâtiments raccordés, un échangeur permet de transférer la chaleur entre le réseau du SICSEF et le réseau interne à la bâtisse. Refroidie, l’eau repart ensuite vers les chaufferies pour y être réchauffée et le cycle reprend. En somme, un réseau de chaleur est comparable à un chauffage central étendu à l’échelle d’un quartier ou d’une ville.

 

INFOS +
QUELQUES Chiffres-clés
60% de chaleur produite à partir d’énergie renouvelable, le bois-énergie
40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre, soit l’équivalent de 6 000 véhicules par an
35% de réduction de la facture énergétique grâce à une énergie moins chère et une fiscalité avantageuse
5,5% de TVA appliquée sur la totalité de la facture énergétique contre 20% appliqués sur les consommations pour les solutions traditionnelles
1 600 logements et quatre bâtiments publics se sont raccordés au réseau de chaleur entre 2014 et aujourd’hui sur la commune de Franconville.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Démarches
en ligne
Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×