Bois des Éboulures : le bien-être à l’état sauvage

Depuis deux ans, la municipalité s’est associée à la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) pour recenser la faune et la flore dans le Bois des Éboulures. Premier bilan de cet inventaire

La nature évolue sans cesse impactée par le climat ou la main de l’homme. L’utilisation des produits phytosanitaires et l’importation de plantes venues d’ailleurs ont entraîné la disparition d’une partie de la faune et de la flore locale. Pour rappel, Franconville a signé en 2017 la convention « refuge » de la LPO pour accentuer les efforts fait dans la préservation du Bois des Éboulures et de sa biodiversité. L’objectif ? Faire de ce site un exemple pour favoriser la place du vivant dans les espaces verts de la ville.

Après avoir fait installer dans un premier temps sur la mare un radeau servant de refuge aux canards et aux hérons, avoir mis en place une brigade équestre pour assurer la sécurité et la tranquillité du bois et des parcs, des panneaux d’information ont ensuite été installés dans le bois et des nichoirs pour mésanges ont été aménagés pour faciliter leur installation dans la région. Pour information, la mésange est un prédateur naturel de la chenille processionnaire du pin et du chêne qui prospère depuis quelques années. « 80% des nids mis en place l’année dernière ont trouvé locataires, nous allons en installer de nouveaux cette année », souligne Nadine Sense, maire adjoint, qui rappelle que ces nichoirs n’étant pas naturels ils doivent faire l’objet d’un nettoyage annuel. « Il faut savoir que la charbonnière est très friande des chenilles processionnaires urticantes et est capable d’en manger l’équivalent de son poids, c’est un vrai nettoyeur. » De même, des immeubles à moineaux seront installés au printemps pour réguler la population de moustiques.

Trente espèces d’oiseaux ont jusqu’ici été recensées. Parmi elles, la mésange à longue queue, la fauvette à tête noire ou encore l’épervier et le héron cendré, deux oiseaux protégés en France. C’est autant d’espèces d’oiseaux inventoriées que sur l’ensemble de la Forêt de la Malmaison dans les Hauts-de-Seine. Certains oiseaux ont malheureusement disparu du Bois comme le coucou gris et le chardonneret. Le programme de préservation mené avec la LPO a justement pour but de faire revenir certaines espèces locales et de garantir dans nos espaces verts une biodiversité animale et végétale durable. « L’épervier d’Europe est toujours présent sur la ville, cela a été confirmée par l’observation d’un ornithologue. Il aide à réguler la population de pigeons », explique Nadine Sense.

Pour lutter contre l’invasion de la Renouée du Japon, une plante invasive étouffant la végétation indigène, les agents des espaces verts procèdent depuis un an à sa coupe rase le but étant d’épuiser l’espèce. Également très présent dans le Bois, le laurier est peu à peu arraché et remplacé par des plantes indigènes.

« Au lieu d’abattre systématiquement les arbres morts, la ville a mis en place la coupe des arbres en chandelles, ils deviennent de cette façon des refuges naturels pour insectes et oiseaux », indique Nadine Sense rejointe par Florent Huon, chargé de mission LPO à Franconville : « Les arbres morts en cœur de massif sont laissés en l’état, comme dans tous boisements naturels. En bordure de chemin, si un arbre est couché, la partie qui dépasse sur le chemin sera coupée et déposée en tas, en bordure de chemin ou au milieu des prairies pour constituer des abris pour la faune ». Le fauchage tardif effectué depuis trois ans sur le site est reconduit et la ville poursuit l’expérimentation des lisières pour multiplier les endroits de nidification et de reproduction des oiseaux. Enfin, pour assurer le renouvellement des essences, un nouvel arbre « cèdre Atlantica Glauca » a été planté début février dans le bois pour apporter de l’ombre et de la fraicheur au niveau de l’aire de jeux de Montédour et de la verdure en hiver.

Petit à petit, l’oiseau fait son nid. A l’issue des cinq années de convention, un nouvel inventaire fera état de l’évolution de la faune et de la flore avec l’application du plan de gestion.

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