Plantation d’un arbre de l’Espérance le 20 février dans le parc Cadet de Vaux

Mercredi 20 février, la ville a organisé un rassemblement dans le Parc Cadet de Vaux pour la plantation symbolique d’un arbre de l’Espérance, un Pin Sylvestre doré, en réponse aux déviances honteuses notamment antisémites et aux profanations des lieux de cultes que nous rencontrons actuellement.

Voici le discours de Monsieur le Maire, Xavier Melki :

Mesdames, Messieurs les Représentants des Associations de la Mémoire,
Mesdames, Messieurs les Elus du Conseil Municipal,
Chers Collègues des Conseils Municipaux des Jeunes et des Seniors,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais commencer par vous remercier de votre présence si nombreuse et de votre mobilisation conséquente signe de notre volonté commune de témoigner et dénoncer avec force, notamment l’antisémitisme, mais également toute forme de racisme et autres dérives des fondamentalismes et du djihadisme les plus abjects.

Il est intolérable qu’au 21ème siècle, au regard de l’Histoire qui est la nôtre, nous soyons toujours exposés à ce type de comportements.

Souvenez-vous. Souvenons-nous.
Souvenons-nous de la vie de ces millions de Juifs qui subirent la terreur des Nazis.
Souvenons-nous de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants.
Souvenons-nous du sort réservé à celles et ceux, de France et d’ailleurs qui les aidaient en les cachant.
Souvenons-nous de ces marques faites à même la peau, de ces fours, de ces chambres à gaz qui, faut-il le rappeler, ne sont pas un détail de l’Histoire.
Souvenons-nous de toutes ces horreurs.
Souvenons-nous des 7 millions de Juifs qui vivaient en Europe avant la 2nde Guerre mondiale… 1 million à son terme…
Souvenons-nous en, pour éviter que l’histoire ne se répète tant le chemin qu’elle emprunte inquiète.

74%. C’est le chiffre insupportable donné il y a une semaine par le ministère de l’Intérieur sur l’augmentation en un an des signalements de « faits à caractère antisémite » en France.

En quelques jours, des actes qui ont particulièrement attiré l’attention sur la recrudescence de l’antisémitisme en France :

-L’inscription du mot « Juden » (« Juifs » en allemand) sur la vitrine d’un magasin Bagelstein – acte qui s’inspire directement des méthodes des milices nazies dans les années 1930 en Allemagne.
-L’apposition d’une croix gammée sur des portraits de Simone Veil, à Paris.
-L’abattage d’un arbre dédié à la mémoire d’Ilan Halimi, à Sainte-Geneviève-des-Bois. Rappelons qu’Ilan Halimi était un jeune homme juif qui, en 2006, avait été enlevé et torturé pendant trois semaines – en raison de sa confession – avant de mourir de ses blessures.
-Les dégradations de cimetières juifs, pas plus tard qu’hier.
-A Sarcelles, il y a quelques jours un tir à la carabine sur des fidèles se rendant sur leur lieu de culte

Ça suffit.

Car au-delà de ces actes qui ont suscité une émotion particulière, ce sont, d’après le ministère de l’Intérieur, 541 faits à caractère antisémite qui ont été recensés en 2018 (plus d’un par jour).

Le ministère signale également 496 autres faits racistes et xénophobes et 100 faits antimusulmans.

Je compléterai ces chiffres de la honte en y ajoutant les actes de vandalisme et de profanation des Eglises Catholiques, elles aussi en proie à ce que la nature humaine fait de pire.
9 Eglises ont été visées entre le 28 janvier et le 10 février.
Selon les chiffres 2017 du ministère de l’Intérieur, l’Église Catholique et les Églises Chrétiennes détiennent le record d’atteintes aux lieux de culte : 878 sur les 978 actes recensés. Soit une moyenne de deux par jour.

Ces actes odieux et inacceptables sont une grave menace pour la cohésion de la République et il faut les condamner en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance.

Alors il est de notre devoir collectif d’appeler à la plus grande fermeté à l’endroit des auteurs de tels actes. Car ces auteurs sont des ennemis de la République.

Mais il est également de notre devoir de transmettre à nos enfants les valeurs qui fondent notre République. Il est de notre devoir de les accompagner, de leur apprendre, et de demander à chacun des parents de les éduquer en mémoire de tout, pour que leur avenir soit serein.

A l’instar des rassemblements qui ont eu lieu hier, notamment place de la République à Paris où certains d’entre vous étaient peut-être, nous nous réunissons aujourd’hui pour que la communauté franconvilloise témoigne elle aussi de son soutien inconditionnel aux victimes de ces actes inqualifiables.

Nous avons choisis en symbole de planter un arbre, signe d’espérance, dans l’idée que nous avons en partage de laisser à nos enfants, un monde meilleur.

Nous allons planter un Pin Sylvestre Doré.

Il faut savoir que ce Pin est symbole d’immortalité, de longévité, grâce à la persistance de son feuillage. Il est également synonyme de force et puissance, il résiste aux vents et tempêtes.

Le Guetteur du Ciel…, c’est ainsi que les Iroquois nommaient ce pin.

Ils racontent l’histoire d’une femme qui avait de nombreux fils. Une nuit, ils furent réveillés par des voix qui chantaient merveilleusement. Saisis par le rythme, ils commencèrent à danser. Comme ils dansaient, les voix s’éloignèrent, et les garçons les suivirent. Portés par le chant, ils s’élevèrent dans l’espace, et, peu à peu, arrivèrent dans le ciel. La lune les transforma en étoiles, et leur ordonna de danser dix jours chaque année à l’époque du Nouvel An. Les frères forment la constellation des Pléiades, que les Indiens appellent les Etoiles Dansantes. Cependant, une nuit, l’un des frères entendit les lamentations de sa mère restée seule sur terre. Il abaissa son regard vers elle, voulu s’en approcher et fut aussitôt précipité au sol où il s’écrasa.
Pendant un an, sa mère pleura sur sa tombe.
Un jour, elle vit une pousse en sortir.
Ainsi naquit le pin qui se tend vers le ciel pour apercevoir, protéger et guider ses frères. Voilà pourquoi on appelle cet arbre, le « Guetteur du Ciel ».

Cet arbre surveille, guide, et traverse les épreuves du temps.

Je conclurai simplement en disant qu’il s’agit d’une cérémonie symbolique qui ne doit pas occulter l’attente forte qui est la nôtre d’avoir enfin, un Etat qui use des moyens qui sont les siens et qui existent, pour endiguer toutes ces déviances.”

 

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