Questions à M. le Maire pour 2024

Après trois années difficiles, 2024 est attendu par de nombreuses personnes avec beaucoup d’espoir. Xavier Melki, Maire de Franconville-la-Garenne, évoque sans détour les défis et les moments marquants de l’année écoulée. Entre émeutes, contraintes budgétaires et enjeux sociaux, il partage ses réflexions sur les événements de 2023 et dessine les priorités

Quel bilan faites-vous de 2023 ?

« C’était une année plutôt difficile. Entre les émeutes, les contraintes budgétaires et le fait d’augmenter les impôts, des choix douloureux ont dû être réalisés. La fiscalité est une de mes grandes déceptions de 2023. Je me suis mis en grève, nous avons manifesté avec d’autres maires, nous avons écrit à tous les députés du Val-d’Oise pour leur demander de l’aide afin de savoir où et comment faire des économies et nous n’avons eu aucune réponse. Il manquait quasiment 10% de notre budget et sans l’augmentation de la fiscalité nous n’aurions jamais pu équilibrer les comptes. Les violences urbaines du mois juin resteront pour moi le moment le plus dur de l’année 2023. J’ai eu peur de perdre un de mes agents de la Police municipale durant les soirs d’émeutes. Personne ne ressort indemne des violences vécues et la question « qu’avons-nous raté pour en arriver là ? » reste omniprésente. Nous avons des jeunes qui sont en échec scolaire, qui saccagent leurs propres quartiers où vivent leurs mères, leurs petits frères, leurs voisins… Cela fait des années que le climat est tendu en France et ça a fini par éclater. Maintenant à nous de changer les choses et de ne plus ignorer le problème.»

De quoi êtes-vous le plus fier cette année ?

« Notre Police municipale a fait un travail plus qu’admirable les soirs d’émeutes. Ils ont protégé la ville, les commerces et les habitants au péril de leur vie et je leur en suis très reconnaissant, à eux et à leur famille qui, chaque nuit, avait le cœur serré par peur de perdre leur proche. Je suis également très fier de nos élus locaux. Ils ont répondu présents lors de cette crise à tel point qu’ils sont descendus eux-mêmes dans la rue pour prévenir, protéger et venir en aide à la Police Municipale. Je pense aussi aux Franconvillois et en particulier à Luc, cet habitant courageux qui, un soir d’émeute, s’est muni de son extincteur pour éteindre les flammes qui commençaient à embraser la salle du Conseil Municipal. Sans cet acte héroïque et altruiste, nous aurions perdu la Mairie, nos dossiers, nos serveurs, nous aurions tout perdu.»

Quels sont les combats à mener en 2024 ?

« Au niveau du pays, comme au niveau de la commune je pense qu’il va falloir travailler sur plusieurs volets à la fois. Tout d’abord le volet sécuritaire, nous avons besoin d’être bien plus puissants que ce que nous sommes aujourd’hui. Nous avons à Franconville des dossiers avec des jeunes de 12/13 ans qui cumulent les rapports de police sans conséquences derrière. Les émeutiers ont d’ores-et-déjà reçu des peines lourdes et nous souhaitons une expulsion des logements sociaux pour les familles qui laissent leurs enfants sortir à 2h du matin sans se soucier de leur responsabilité parentale. En Île-de-France, nous subissons une grosse crise du logement c’est indéniable et une famille qui ne respecte pas les lois ne devrait pas avoir le droit de bénéficier d’un logement social financé par de l’argent public.

Le deuxième volet sur lequel nous souhaitons mettre l’accent en 2024 c’est le volet éducatif. Il faut aider les enseignants, il faut leur redonner confiance car ce sont eux qui forment les jeunes esprits de demain. Nous nous devons donc de leur donner les moyens nécessaires pour travailler dans de bonnes conditions et de leur proposer de nouvelles perspectives d’enseignement comme par exemple le soutien scolaire du mercredi qui est quelque chose d’unique que nous avons à Franconville. Tout doit être fait pour que l’enfant acquiert un savoir qui va lui permettre d’avoir une connaissance suffisante pour s’éveiller le mieux possible. Notre but premier, c’est d’offrir la chance à tous les enfants, quelle que soit leur situation sociale, quels que soient leur niveau scolaire et leurs compétences, un accès à la culture, à l’éducation et au sport. C’est l’égalité des chances au sens noble. »

Après 3 années difficiles, peut-on dire que 2024 sera l’année du « retour à la normale » ?

« Non, moi je pense que la vie normale c’est ce que nous vivons là. Il n’y aura pas de retour en arrière, les prix ne vont pas soudainement baisser, les gens violents ne vont pas s‘arrêter du jour au lendemain. Aujourd’hui, il faut que nous arrivions à faire union, à faire communauté, pour faire en sorte que tous les maux de la société n’arrivent pas sur notre commune. Nous devons nous doter des outils nécessaires pour améliorer cette nouvelle normalité et habiter dans une ville où il fait bon vivre. »

Quels sont les projets de de la ville ?

« En 2024 il va falloir finir tout ce que nous avons engagé. La Ville a toujours tourné entre 5 et 6 millions d’investissement par an et cela fait deux ans que nous sommes entre 18 et 25 millions d’investissements par an. Le patrimoine de la Ville était vieillissant et avait besoin d’être rénové. Aujourd’hui, avec le contexte financier actuel, tenir nos investissements n’est pas chose facile donc nous privilégions vraiment l’isolation des bâtiments, l’économie d’énergie et la qualité d’accueil des enfants. De nombreux chantiers vont également être livrés en 2024. Le Centre Municipal de Santé va être complètement isolé par l’extérieur avec le ravalement et le changement des fenêtres. A l’Espace Saint-Exupéry, une isolation par l’extérieur est également prévue avec un changement de toutes les menuiseries et la climatisation de la salle de spectacle. Le poste de la Police municipale agrandi, possèdera désormais sa propre salle de visionnage des caméras de surveillance de Franconville, en complément de celle du Centre Intercommunal de Supervision Urbain. L’isolation de l’école des Quatre Noyers va se poursuivre avec le bâtiment de la maternelle. Nous allons lancer les études sur l’agrandissement de la restauration et du centre de loisirs sur le groupe de l’Epine-Guyon. Le gymnase Ludivine Furnon sera également livré, tout comme les aires de jeux, la Crique aux trésors et les Citys stades de la Fontaine Bertin et du Bois des éboulures. »

Après trois ans de réflexion et de travail, le Plan Local d’Urbanisme de Franconville va pouvoir être applicable en 2024.

« Le PLU est l’un des dossiers les plus importants de l’année pour Franconville. Dès que le Conseil municipal de début d’année aura validé les grandes lignes du PLU, j’invite vraiment les habitants à venir partager leurs remarques et leurs réflexions auprès du commissaire enquêteur lors de ses permanences, avant la rédaction de la version définitive du PLU. Nous avons déjà de nombreux Franconvillois qui ont travaillé avec nous dans la conception de ce document et je les en remercie. Maintenant, nous passons à la toute dernière phase. C’est donc le dernier moment pour exprimer ses idées et ses opinions. Ce PLU est un document qui n’aura plus vocation à changer, il sera actif sur la commune pendant de nombreuses années. C’est pour cela que nous avons besoin que les habitants se l’approprient car c’est lui qui va dicter à quoi ressemblera le Franconville de demain. »

Que peut-on souhaiter pour 2024 ?

 « L’objectif aujourd’hui c’est de redonner le sourire aux habitants, de remettre un peu de positif dans leur vie. Mon souhait c’est que les enfants soient contents d’aller jouer dans les nouvelles aires de jeux, que les parents prennent du plaisir à se balader dans la ville et que nos quartiers soient sûrs. Régler les problèmes va prendre du temps car ce sont des problèmes de fond mais, pendant que nous y travaillons, nous pouvons également remettre un peu de joie de vivre au cœur de la vie des Franconvillois. Cela passe par le lien entre les habitants, il faut relier les gens les uns aux autres à travers des fêtes, à travers nos associations, à travers notre programmation culturelle et à travers des écoles qui offrent aux enfants un accueil de qualité. »

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