REZA : franco-iranien, photojournaliste mais surtout humaniste

Ses clichés captés dans des champs des ruines, des zones de guerre ou des camps de réfugiés ont parfois fait le tour de la planète, parus en Une de grands magazines. Il semble possible de pouvoir lire dans les photos de Reza toute l’humanité qui réside dans le regard de ceux qu’il a croisés. Entretien avec l’une des figures du photojournalisme international.

Vous avez commencé la photographie adolescent dans un pays où la liberté d’expression ne faisait pas partie de la norme. Qu’est-ce qui vous a poussé à transgresser cet interdit ?

« J’avais 13 ans et c’est à ce moment-là que j’ai découvert que la photographie constituait un outil de témoignage. J’avais envie de montrer ce qui me touchait à l’époque, d’une part la beauté des paysages et des humains et d’autre part l’injustice sociale qui me révoltait et me révolte toujours. J’ai très vite été convaincu que la photographie était une nouvelle forme de connexion dans la société. »

 Pour quelles raisons avez-vous choisi les grilles de l’université de Téhéran pour afficher vos photos ? Que représentaient ces clichés ?

« La photographie a cette force de montrer la réalité que l’on ne voit parfois pas ou qui nous est cachée. Il y a cinquante ans, tous les médias du pays étaient contrôlés par le régime du Shah d’Iran. J’ai souhaité ce jour-là montrer au plus grand nombre la pauvreté et la misère qui existaient en Iran. »

 Avec la prédominance actuelle d’Internet et des réseaux sociaux, le pouvoir du photojournalisme s’est-il décuplé selon vous ?

« On vit une histoire complètement différente, on n’est plus du tout dans le même contexte. Chaque personne est un journaliste, un éditeur, un cinéaste. Beaucoup de gens se méfient des réseaux sociaux mais c’est selon moi une histoire très positive et cruciale pour l’avenir de l’humanité. »

 En quoi une photo peut-elle être plus impactante, parlante qu’un article, que des mots ?

« Les mots ont leur poids, la différence de la photographie c’est que c’est immédiat et que c’est à la portée du monde entier, il n’y a pas besoin de traducteur. C’est un langage universel. »

Marjane Satrapi* donne la parole à une enfant dans Persépolis, celle qu’elle a été, de la même manière que vous exprimez les sentiments et l’humanité d’un peuple à travers le regard d’une enfant en Afghanistan ou à Sarajevo. Qu’est-ce que vous avez cherché à capter dans ces moments ?

« Les premières victimes des guerres engagées pour les intérêts économiques d’un petit nombre sont les enfants. Ce sont eux qui souffrent le plus de ces conflits et que l’on retrouve sur les zones de guerre. Puis, il y a les femmes. C’est pour ça que je montre ce qu’ils subissent à travers leur regard. Il en dit long. »

* Artiste iranienne, auteur de bande dessinée.

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