Dans son troisième spectacle intitulé « Y’a de la joie », l’humoriste Michaël Hirsch se donne un an pour apprendre la joie de vivre. Deux représentations sont proposées. Elles ouvrent la Saison culturelle 2026-2027, le vendredi 25 et le samedi 26 septembre à 20h30 au Théâtre Jean Cocteau de l’Espace Saint-Exupéry. Interview.
Pouvez-vous nous présenter votre spectacle en quelques mots ?
« Y’a de la joie, c’est mon histoire. Celle d’un trentenaire qui se pose plein de questions sur la vie et qui, un jour, lors d’une conversation totalement anodine, apprend par sa femme que la joie de vivre ce n’est pas son truc. Moi, au départ, je n’y crois pas. Puis je pose la question à mes amis, autour de moi et ils me disent tous : « ce n’est pas complètement faux ! ».
Je me lance alors dans une grande quête : je me donne un an pour apprendre la joie de vivre. Ce spectacle mêle à la fois une dimension introspective, beaucoup d’autodérision, et toute une partie de recherches. Pendant 7 mois, je me suis documenté sur ce qu’est le bonheur, les émotions, la joie de vivre. J’ai lu des neurosciences, de la sociologie, de la philosophie, de l’anthropologie… Ce spectacle est à la fois drôle, tendre, instructif, et plein d’amour, car c’est une déclaration pour ma femme. »
La joie de vivre et le bonheur sont-ils deux concepts différents ?
« En effet, ce n’est pas tout à fait la même chose. Le bonheur, c’est un concept que j’ai découvert avec le développement personnel : une sorte de quête au terme de laquelle on serait dans un état de jouissance stable. Mais c’est totalement illusoire. C’est un peu comme si on nous parlait du paradis. J’avais l’impression que plus j’essayais de m’approcher du bonheur, plus je m’en éloignais. Je me suis aperçu, lors de mes recherches, que je n’étais pas le seul. Il y a une grande méta-analyse qui a été faite qui montre cela, justement. Et puis j’ai découvert qu’il y avait autre chose, qui s’appelle la joie de vivre.
C’est un concept français qui a été inventé par Emile Zola au 19e siècle. Pourtant, quand on écoute ce qu’on dit de nous, et ce qu’on dit de nous-même, on ne se dit pas que c’est français !
On se dit également que le 19e siècle ce n’est pas forcément le moment où on est le plus proche de la joie et de l’extase. Je me suis dit que dans cette période que nous sommes en train de traverser, qu’on dit sombre et sans espoir, qu’il y avait peut-être quelque chose à aller chercher.
J’ai découvert un état qui est plus celui de l’acceptation : avant toute chose, se dire que la vie est formidable, même s’il y aura des tragédies, et des moments pas drôles. »
Le titre de votre spectacle est-il un hommage à la chanson du même nom de Charles Trenet ?
« Bien sûr ! Justement, quand j’ai découvert que la joie de vivre était un concept français, j’ai pensé à cette chanson. C’est à la fois célébrer les petits moments du quotidien, ceux qui sont très profonds, tout en n’excluant pas les moments tragiques, car dans la chanson, Charles Trenet y fait référence, et termine même par cela. Du coup je trouvais que c’était formidable car c’est un peu un second hymne français. J’ai trouvé cela super de choisir cette chanson comme titre, car cela répondait bien à ce qui passait dans le spectacle. »
Est-ce qu’il y a de la joie à venir jouer à Franconville ?
« J’ai eu la chance de venir jouer mon premier spectacle qui s’appelait « Pourquoi ? ». J’en garde un souvenir merveilleux, à la fois, de la salle, et de l’échange avec le public. J’avais fait l’ouverture de la saison, comme je vais faire cette année.
Je suis enchanté à l’idée de démarrer cette saison qui s’annonce magnifique. »