Financé par la Ville, le dispositif « Un auteur dans la classe » permet aux enfants de maternelle et d’élémentaire de rencontrer des auteurs et des illustrateurs, et de réaliser des travaux autour de leurs oeuvres en amont et en aval de leur venue.
Il est 8h30, un jeudi, à l’école Épine-Guyon 1. Les enfants de la classe de CE1-CE2 sont très concentrés. Et pour cause : il ne s’agit pas d’un jour ordinaire. Les élèves reçoivent la visite de Véronique Massenot, une autrice qu’ils connaissent bien, car ils ont étudié plusieurs de ses œuvres et réalisé des travaux autour de celles-ci.
La rencontre commence par un portrait chinois. À tour de rôle, chaque enfant se lève et prononce une phrase. Puis, chacun vient au tableau et explique quel ouvrage il a préféré et pourquoi.
« Être écrivain est un métier solitaire ; je suis contente de voir que mes livres plaisent », réagit Véronique Massenot.
Puis vient le temps des questions-réponses. Les élèves ont préparé en amont, avec soin, tout ce qu’ils voulaient demander à l’autrice. Petit florilège :
« Pourquoi avez-vous eu envie de faire ce métier ? »
« Quand j’étais petite, j’adorais aller à la bibliothèque avec mes parents. Avant de savoir lire, j’essayais de comprendre l’histoire grâce aux images. Pour moi, c’était une porte qui s’ouvrait, comme si je vivais de nombreuses autres vies en plus de la mienne. Je voulais offrir à mon tour cette possibilité aux enfants. J’aimais écrire et illustrer, et je ne m’en suis jamais lassée. En écrivant, j’ai voyagé dans plusieurs endroits : Mayotte, le Japon, la Bourgogne…»
« Quel métier auriez-vous fait sinon ? »
« J’ai fait des études d’archéologie et d’histoire de l’Art. Avant d’être autrice, j’étais documentaliste au Musée d’Orsay. J’aidais les chercheurs à écrire des livres sur l’art ou j’effectuais des recherches documentaires pour des expositions. D’ailleurs,
quand j’avais le moral à zéro, j’allais me glisser dans les coulisses du musée. »
« Est-ce que vous écrivez aussi pour des adultes ? »
« Au début, oui, j’ai écrit un livre pour les adultes. C’était un roman policier collectif. J’ai également réalisé des carnets de voyage. J’écris pour les adultes lorsque je reçois des invitations à le faire, mais instinctivement, j’écris pour les enfants. En réalité, les livres écrits pour les enfants n’ont pas de limite d’âge : ils peuvent être lus par tout le monde… »
3 questions à Claire le Berre, Adjointe au Maire en charge des Affaires scolaires
Combien de classes sont concernées par le dispositif « Un auteur dans la classe » ?
Nous proposons le dispositif « Un auteur dans la classe » à l’ensemble des classes de la ville. Cette année 45 classes participent au projet, mais les années précédentes nous sommes montés à plus de 60 classes.Combien d’illustrateurs viennent chaque année ?
Chaque enseignant choisit l’auteur ou l’illustrateur avec lequel il souhaite collaborer selon son projet de classe. En moyenne, c’est une dizaine d’auteurs qui travaillent avec nous chaque année.Pouvez-vous nous détailler le dispositif ?
Le dispositif est proposé dès la petite section de maternelle, ce qui permet de découvrir la magie de la lecture dès le plus jeune âge. Les enseignants travaillent sur l’œuvre qu’ils ont choisie en amont de la rencontre avec l’auteur. Ensuite, celui-ci vient en classe pour échanger avec les enfants sur son métier. Ils vont également réaliser une production en lien avec l’œuvre étudiée. Toutes ces productions sont exposées en fin d’année à Saint-Exupéry avec la présence des auteurs venus dédicacer leurs livres lors d’un vernissage.